FEMME SE COIFFANT I

1931

Médium: Fer, forgé, soudé

Dimensions: 168,5 x 54 x 27 cm

Femmes à leur toilette : un thème constant chez González

Cette sculpture s’inspire de la figure d’une femme qui se coiffe. Elle est debout et vêtue d’une robe de chambre ou d’une chemise de nuit. Elle appuie son poids sur la jambe gauche, qu’elle tient droite, et avance la jambe droite, fléchissant légèrement le genou. Elle lève les deux bras et se lie les mains derrière la tête pour tenir ses cheveux.

Julio González traite le thème des femmes à leur toilette très souvent au fil de sa vie créative. Il étudie le geste d’une femme se coiffant avec les bras levés et les mains unies derrière la tête pour la première fois dans un groupe de petites esquisses rapides, réalisées à l’encre et pinceau en 1904. Le même geste apparaît à d’autres occasions, surtout dans un groupe de dessins et pastels, réalisés entre 1909 et 1911, qui sont clairement inspirés par Degas. Comme le grand maître impressionniste, ce à quoi González s’intéresse dans ce groupe est de capter la singularité du geste et sa fluidité linéaire cachée. Les mêmes intérêts plastiques inspirent les deux séries de dessins réalisés en 1927 et 1928, la première avec un modèle assis, la deuxième avec un modèle debout.

La dématérialisation des volumes et l’intégration du vide : une révolution dans la sculpture du XXe siècle

La sculpture analysée à présent a été précédée par une autre série de dessins dont quinze ont été conservés. Son point de départ est un dessin appartenant au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía (1930-1, plume et crayon de couleur sur papier, 24,3 x 15,8 cm) (ill. 1). Il s’intitule Femme s’habillant, mais la position du corps et le geste des bras indiquent qu’il traite le geste de coiffure. Le dessin s’inspire d’une perception naturaliste de la figure de la femme, mais l’artiste la soumet à un intense processus de simplification géométrique. La lumière illumine la femme positionnée de trois-quarts et les zones de lumière et d’ombre sont différenciées par des zones rouge, marron et vert, réalisées par des crayons de couleur, et entourées d’encre et plume. Cette configuration accentue son caractère plat et permet de comprendre qu’il s’agit de planches métalliques recoupés et assemblées. 

Les zones les plus illuminées se convertissent en vides, comme on le voit dans la jambe gauche de la femme, dessinée seulement avec une ligne de profil. Dans les dessins postérieurs, Gonzalez amplifie progressivement les plans vides, surtout dans la partie supérieure de la figure, renforçant la légèreté de l’ensemble. Un dessin intitulé Étude pour femme se coiffant numéro 6 appartenant à l'IVAM Centre Julio González (Plume, crayon de couleur et gouache sur papier, 16,5 x 11,3 cm) (ill. 2) permet d’apercevoir encore, tracé au crayon, le profil naturel du corps de la femme, alors que dans l’intérieur l’on aperçoit une structure de plans coupés et des lignes, élaborée avec des crayons de couleur, plume et encre. La configuration est très semblable à l’assemblage de planches et tiges qui constituent la sculpture.

La dématérialisation des volumes et l’intégration des espaces vides, délimités par des lignes, comme l’on peut voir dans Femme se coiffant I, constitue la grande découverte stylistique de González dans les années 1930. Toute la sculpture en fer du XXe siècle sera tributaire de cette découverte.

Etudes préparatoires pour Femme se coiffant I (ill. 1 et 2), Femme se coiffant I, 1931, MNAM Centre Pompidou, Paris
Texte par Tomás Llorens (traduit par Amanda Herold-Marme)

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