Julio, Roberta et Joan González dans « Popular », IVAM Centre Julio González, jusqu’en avril 2024

Oeuvres de Julio et Roberta González, à l’entrée de « Popular »

Des oeuvres de Julio, Roberta et Joan González sont présentées dans « Popular », une exposition collective en cours à l’IVAM Centre Julio González. Cette vaste exposition explore la notion complexe du « populaire », ou comment des communautés marginalisées trouvent un moyen d’expression par le biais des représentations symboliques.

A l’entrée, les visiteurs sont accueillis par des paysannes dessinées, peintes et sculptées par Julio and Roberta González.  La vie campagnarde était le thème le plus fréquemment représenté par Julio González’s, et Roberta y a recours souvent dans ses années de formation.

Les scènes campagnardes dans l’oeuvre de Julio González sont des visions paisibles de sociabilité ou travail agricole au fil des saisons jusqu’à la fin des années 1920. Nous pouvons le constater dans les dessins à droite, notamment, “Paysanne avec deux poules” (1926) et “La rencontre” (c. 1920-1930) où un paysan et deux femmes portant un fichu se retrouvent dans un verger bucolique.

Pendant la guerre d’Espagne, la paysanne devient un symbole de la solidarité de Julio Gonzalez avec ses compatriotes sous attaque. Dans les photographies à droite figurent sa sculpture en fer “La Montserrat” (1936-1937), qui montre une paysanne catalane courageuse et résistante, brandissant son bébé comme un bouclier et tenant une faucille à son côté. Cette oeuvre exposée au Pavillon républicain de l’Exposition Universelle de 1937 à Paris, organisé afin de gagner du soutien pour l’Espagne démocratique. Alors que la défaite républicaine se concrétise, cette paysanne résistante devient une victime terrifiée, comme le montre les femmes implorant et criant des dessins de Gonzalez (deuxième colonne de gauche), ou ses sculptures en bronze des mains levées par peur ou protestation (1942, centre).

L’ombre de la guerre reste présente chez Roberta González même après la fin de la guerre mondiale, comme le montre ses deux tableaux à gauche (1946) représentant tous deux des paysannes se protégeant d’un danger imminent. Leurs volumes éclatés accentuent la menace de violence.

Dessins de Joan Gonzalez, exposés dans « Popular »

Les dessins de Joan González exposées montrent au premier abord des parisiennes élégantes profitant des lieux de sociabilité modernes, comme des cafés, café-concerts, galeries ou théâtres. Ces visions instantanées de Paris à la Belle Epoque représente sans doute en réalité des femmes des classes ouvrières habillées à la mode. Ces dessins évoque à la fois l’élégance et l’insouciance de l’époque, tout en insinuant l’artifice, la dissimulation et les inégalités socio-économiques de la vie moderne urbane.

Ses scènes représentent la vie parisienne telle que Joan et Julio González la découvrent alors qu’ils s’y installent au tournant du 20e siècle, dans l’espoir de devenir des peintres. Ses dessins qui trahissent la fascination de Joan Gonzalez pour la vie parisienne moderne étaient exposées dans des salons parisiens, avant que sa carrière prometteuse ne soit interrompue par son décès subit en 1908.

Le dialogue entre ses dessins de la Belle Epoque et des oeuvres de la deuxième moitié du 20e siècle, notamment la photographie de Ralph Steiner, “Gypsy Rose Lee and her Girls” (c. 1950-1951, à gauche) et le collage de Jacinta Gil, “Sans titre (las cinco lobitas)”, 1968 (à droite), atteste de leur caractère contemporain.

Cette exploration riche et diverse de la notion du “Populaire” sera présentée jusqu’au 14 avril 2024.