Julio Gonzalez dans « Picasso, étranger » au Musée national de l’histoire de l’immigration, du 4 nov. 2021 au 13 févr. 2022

« Les Amoureux II », une oeuvre exécutée en fer par Julio Gonzalez entre 1932-1933, est actuellement exposée au Musée national de l’histoire de l’immigration, dans le cadre de « Picasso, étranger ».

Cette exposition innovante aborde Picasso, cet artiste espagnol, ayant révolutionné l’histoire de l’art depuis la France, à partir de sa position d’étranger. Il est bien connu que l’oeuvre de Picasso se nourrit et s’épanouit au contact de l’effervescence de la scène parisienne, et que sa carrière prend son envol grâce aux opportunités inouïes qui se présentent à lui dans la capitale des arts. Picasso devient Picasso, en quelque sorte, grâce à sa condition d’étranger à Paris.

Ce que cette exposition montre pour la première fois est la face cachée de cette ascension « made in France »: comment Picasso est taxé injustement d’anarchiste à ses débuts par la préfecture de police de Paris, comment il subit les conséquences de la politique anti-allemande autour de la Première guerre mondiale alors que la collection de son marchand, Daniel Kahnweiler, est mise sous séquestre, et surtout, comment la France xénophobe de 1940 refuse sa demande de nationalité française à la veille de l’Occupation sous prétexte qu’il soit « suspect d’un point de vu national ».

« Les Amoureux II » témoigne des affinités esthétiques partagés entre Picasso et son compatriote, Gonzalez, au début des années 1930, alors que tous les deux sont influencés par le surréalisme. C’est alors qu’ils collaborent sur le « Monument funéraire d’Apollinaire », et que Gonzalez lui apprend à travailler le fer. La sculpture « Homme et femme » d’Alberto Giacometti, également exposée, témoigne de la dimension cosmopolite de ce milieu qui a stimulé leur créativité.

« Picasso étranger » sera présenté au Musée national de l’histoire de l’immigration jusqu’au 13 février 2022.