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peintre-sculpteur & bijoutier-orfèvre

Sur « le chemin de la gloire »

1914 : La revue Le Figuier (n° 9, janvier-février) organe des éditions Figuière dirigé par Jacques Raynal, publie un portrait de Julio González par Pierre Lorenz : « Une grande sympathie se dégage de lui et c’est la première sensation que donne cet ouvrier d’art en bijoux. […] Fils d’orfèvre, de bonne heure, il étonna son père en copiant bracelets, bagues et agrafes [.. .]. De cruels chagrins, tout à coup, semblèrent briser sa carrière. Et puis, il se reconquit et s’adonna dix ans au dessin, à la peinture, produisant esquisses et tableaux dans une fièvre de production qui, là aussi, lui valut maints admirateurs. Pourtant, il doutait encore quand Alexandre Mercereau le découvrit pour notre joie, l’aida, le soutint dans le découragement, résolut de le faire connaître, lui conseilla de se présenter au Salon d’automne. Et ce fut le triomphe […] Nul doute qu’il n’arrive promptement à la gloire. »

Le Salon des indépendants (Champ-de­ Mars, 1er mars – 30 avril) expose des bijoux et un Masque repoussé, ainsi qu’un ensemble de peintures. La variété des œuvres présentées révèle la volonté de González de se présenter à la fois comme peintre, sculpteur et bijoutier-orfèvre.

En mai de la même année, Adolf Merlon, industriel et banquier allemand, lui achète un « beau masque » pour la somme de 1 500 marks : « J’espère que vous ne regrettez pas de m’avoir laissé votre plus belle œuvre. Je me réjouis beaucoup de la posséder. […] Mes amis artistes et amateurs ont été épatés du point de vue métier et on trouve la tête très intéressante surtout en profil ».

Aout 1914 : la guerre est déclarée. La famille regagne Barcelone, mais Julio reste à Paris. Il devient sociétaire du Salon d’automne où il expose un masque en bronze et deux peintures.

1915 : La famille González se fixe définitivement à Paris. Avec son beau-frère, Josep Basso, Julio González, déclaré comme marchand de tableaux ouvre une boutique sous l’enseigne « GONZÁLEZ- Bijoux et Objets d’art » au 136 boulevard Raspail. Il y vend « des antiquités rapportées d’Espagne », ses propres objets décoratifs en métal, les créations de vêtements et de chapeaux de ses sœurs (Archives de Paris). Il fréquente toujours le Paris artistique, retrouvant ses amis Modigliani et Brancusi à la Closerie des Lilas à Montparnasse.

Ses sœurs Lola et Pilar s’engagent comme infirmières volontaires.

Peintre–artiste officiel en même temps qu’apprenti-soudeur…

1916 : González acquiert un atelier au 1 rue Leclerc, Paris 14e, il y habitera jusqu’en 1921.

1917 : González peint une grande toile, L’Offrande, représentant une scène paysanne.

1918 : Mort de son beau-frère Josep Basso. Pendant trois mois, Julio González travaille comme apprenti soudeur dans l’atelier de chaudronnerie de la soudure autogène française, implanté aux usines Renault, 137 rue de Paris, à Boulogne-sur-Seine. González est engagé sur les conseils de Kaelin de l’académie Colarossi. Il découvre la technique de la soudure oxyacétylénique (relative au mélange d’oxygène et d’acétylène, au chalumeau dans lequel la flamme est produite par combustion du mélange et au soudage utilisant ce chalumeau) qui va lui permettre de créer des sculptures en fer. Roberta González mentionne la première œuvre en fer, un Crucifix, réalisée par son père au moyen de la soudure autogène.

1919 : Roberta a dix ans. Sa santé est fragile. Elle est envoyée à Berck pour y être soignée. Elle y restera jusqu’en 1924.

Brancusi présente Julio González à la Baronne Renée Frachon, grande collectionneuse d’art : « Je suis fort contente d’avoir fait par vous la connaissance de Mercereau dont j’admire les écrits et que je trouve sympathique. Vous m’en parliez depuis si longtemps avec amitié qu’il me semblait le connaître déjà. González est charmant aussi ». (Lettre de Renée Frachon à Brancusi du 14 avri1 1919, Paris, Mnam-CcBK. archives Brancusi).

Salon d’Automne, Salon des Indépendants… en compagnie des plus grands

Julio González, membre sociétaire, expose au Salon d’Automne (1er novembre -10 décembre) au Grand Palais dans la catégorie Arts décoratifs. Il présente quatre plateaux en cuivre repoussé et des bijoux. Il expose également un cuivre repoussé et une peinture.

Le 14 novembre, J.E. Jewell, joaillier à Picadilly à Londres, acquiert, par le biais de M. Blanc, un bronze de González pour la somme de 20 livres.

1920 : L’artiste peint plusieurs natures mortes austères, et des autoportraits. Il envoie six pastels au Salon des Indépendants (28 janvier-29 février).

Au Salon d’automne (15 octobre – 12 décembre), sociétaire au titre des arts décoratifs, il expose avec Gargallo, Ricart, Togores, Joan Miró dans la salle réservée aux artistes catalans. Cette salle a été créée pour remercier la ville de Barcelone d’avoir accueilli en 1917, sous le titre Exposition d’art français, le Salon d’automne de Paris annulé pour cause de guerre. La revue Les Hommes du Jour (octobre-novembre) consacre un numéro spécial au Salon d’automne de 1920, où sont reproduites des œuvres de Braque, Lhote, Kupka, Picabia, Vallotton, Van Dongen, Bissière, Segonzac, Tobeen, Zadkine, Gargallo, Gleizes, Matisse et González. Dans son article, Le salon d’automne, salle des catalans, Alexandre Mercereau écrit : « A côté d’orfèvreries décorées, en relief, de figures qui sont de la lignée de celles de Maillol, González expose d’intéressants bijoux, en particulier un collier où il a réussi à renouveler le vieux thème du gland et des feuilles de chêne ».

Au Salon de la Société nationale des Beaux-arts, Julio González présente deux Masques en bronze repoussé. González fréquente toujours le Paris artistique en compagnie d’Alexandre Mercereau, fait la connaissance de Paul Fort, de l’éditeur Bernouard d’André Billy et André Salmon.

1921 : Le Salon des indépendants (23 janvier – 28 février – Grand Palais) présente trois peintures et deux pièces d’art décoratif en bronze repoussé de González. Le Salon de la Société nationale des beaux-arts (13 avril – 30 juin – Grand Palais) présente deux Masques en bronze repoussé au marteau, remarqués par Vauxcelle dans L’Excelsior du 13 avril.

En juin, la galerie Devambez présente deux groupes de peintres sur une idée de Loutreuil avec González, Epstein, Ortiz de Zarate, Soutine

Membre sociétaire dans la section Peinture et Arts décoratifs du Salon d’automne (1er novembre-20 décembre), González envoie quatre peintures, trois sculptures en bronze martelé, une Eve en plâtre, une pièce en argent martelé ainsi qu’un autre bronze martelé.

Le 19 novembre, le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts acquiert pour la somme de 1 000 francs, son Masque de femme en bronze martelé.

Vers la fin de l’année, Julio González et ses deux sœurs rencontrent par hasard Pablo Picasso boulevard Raspail. Selon le récit de Roberta Gonzâlez, Picasso se serait écrié : « Voyons, nous n’allons pas rester fâchés toute notre vie ! Embrassons-nous ! » Leur correspondance, interrompue depuis 1904, reprend en 1922.

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A la découverte du Paris artistique - 1901 - 1913

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L’envol de l’artiste - 1922 - 1929

Sur « le chemin de la gloire »

1914 : La revue Le Figuier (n° 9, janvier-février) organe des éditions Figuière dirigé par Jacques Raynal, publie un portrait de Julio González par Pierre Lorenz : « Une grande sympathie se dégage de lui et c'est la première sensation que donne cet ouvrier d'art en bijoux. [...] Fils d'orfèvre, de bonne heure, il étonna son père en copiant bracelets, bagues et agrafes [.. .]. De cruels chagrins, tout à coup, semblèrent briser sa carrière. Et puis, il se reconquit et s'adonna dix ans au dessin, à la peinture, produisant esquisses et tableaux dans une fièvre de production qui, là aussi, lui valut maints admirateurs. Pourtant, il doutait encore quand Alexandre Mercereau le découvrit pour notre joie, l'aida, le soutint dans le découragement, résolut de le faire connaître, lui conseilla de se présenter au Salon d'automne. Et ce fut le triomphe [...] Nul doute qu'il n'arrive promptement à la gloire. » Le Salon des indépendants (Champ-de­ Mars, 1er mars – 30 avril) expose des bijoux et un Masque repoussé, ainsi qu'un ensemble de peintures. La variété des œuvres présentées révèle la volonté de González de se présenter à la fois comme peintre, sculpteur et bijoutier-orfèvre. En mai de la même année, Adolf Merlon, industriel et banquier allemand, lui achète un « beau masque » pour la somme de 1 500 marks : « J'espère que vous ne regrettez pas de m'avoir laissé votre plus belle œuvre. Je me réjouis beaucoup de la posséder. [...] Mes amis artistes et amateurs ont été épatés du point de vue métier et on trouve la tête très intéressante surtout en profil ». Aout 1914 : la guerre est déclarée. La famille regagne Barcelone, mais Julio reste à Paris. Il devient sociétaire du Salon d'automne où il expose un masque en bronze et deux peintures. 1915 : La famille González se fixe définitivement à Paris. Avec son beau-frère, Josep Basso, Julio González, déclaré comme marchand de tableaux ouvre une boutique sous l’enseigne « GONZÁLEZ- Bijoux et Objets d'art » au 136 boulevard Raspail. Il y vend « des antiquités rapportées d'Espagne », ses propres objets décoratifs en métal, les créations de vêtements et de chapeaux de ses sœurs (Archives de Paris). Il fréquente toujours le Paris artistique, retrouvant ses amis Modigliani et Brancusi à la Closerie des Lilas à Montparnasse. Ses sœurs Lola et Pilar s'engagent comme infirmières volontaires.

Peintre–artiste officiel en même temps qu’apprenti-soudeur…

1916 : González acquiert un atelier au 1 rue Leclerc, Paris 14e, il y habitera jusqu'en 1921. 1917 : González peint une grande toile, L'Offrande, représentant une scène paysanne. 1918 : Mort de son beau-frère Josep Basso. Pendant trois mois, Julio González travaille comme apprenti soudeur dans l'atelier de chaudronnerie de la soudure autogène française, implanté aux usines Renault, 137 rue de Paris, à Boulogne-sur-Seine. González est engagé sur les conseils de Kaelin de l'académie Colarossi. Il découvre la technique de la soudure oxyacétylénique (relative au mélange d'oxygène et d'acétylène, au chalumeau dans lequel la flamme est produite par combustion du mélange et au soudage utilisant ce chalumeau) qui va lui permettre de créer des sculptures en fer. Roberta González mentionne la première œuvre en fer, un Crucifix, réalisée par son père au moyen de la soudure autogène. 1919 : Roberta a dix ans. Sa santé est fragile. Elle est envoyée à Berck pour y être soignée. Elle y restera jusqu’en 1924. Brancusi présente Julio González à la Baronne Renée Frachon, grande collectionneuse d’art : « Je suis fort contente d'avoir fait par vous la connaissance de Mercereau dont j'admire les écrits et que je trouve sympathique. Vous m'en parliez depuis si longtemps avec amitié qu'il me semblait le connaître déjà. González est charmant aussi ». (Lettre de Renée Frachon à Brancusi du 14 avri1 1919, Paris, Mnam-CcBK. archives Brancusi).

Salon d’Automne, Salon des Indépendants… en compagnie des plus grands

Julio González, membre sociétaire, expose au Salon d’Automne (1er novembre -10 décembre) au Grand Palais dans la catégorie Arts décoratifs. Il présente quatre plateaux en cuivre repoussé et des bijoux. Il expose également un cuivre repoussé et une peinture. Le 14 novembre, J.E. Jewell, joaillier à Picadilly à Londres, acquiert, par le biais de M. Blanc, un bronze de González pour la somme de 20 livres. 1920 : L’artiste peint plusieurs natures mortes austères, et des autoportraits. Il envoie six pastels au Salon des Indépendants (28 janvier-29 février). Au Salon d’automne (15 octobre – 12 décembre), sociétaire au titre des arts décoratifs, il expose avec Gargallo, Ricart, Togores, Joan Miró dans la salle réservée aux artistes catalans. Cette salle a été créée pour remercier la ville de Barcelone d'avoir accueilli en 1917, sous le titre Exposition d'art français, le Salon d'automne de Paris annulé pour cause de guerre. La revue Les Hommes du Jour (octobre-novembre) consacre un numéro spécial au Salon d'automne de 1920, où sont reproduites des œuvres de Braque, Lhote, Kupka, Picabia, Vallotton, Van Dongen, Bissière, Segonzac, Tobeen, Zadkine, Gargallo, Gleizes, Matisse et González. Dans son article, Le salon d’automne, salle des catalans, Alexandre Mercereau écrit : « A côté d'orfèvreries décorées, en relief, de figures qui sont de la lignée de celles de Maillol, González expose d'intéressants bijoux, en particulier un collier où il a réussi à renouveler le vieux thème du gland et des feuilles de chêne ». Au Salon de la Société nationale des Beaux-arts, Julio González présente deux Masques en bronze repoussé. González fréquente toujours le Paris artistique en compagnie d’Alexandre Mercereau, fait la connaissance de Paul Fort, de l'éditeur Bernouard d’André Billy et André Salmon. 1921 : Le Salon des indépendants (23 janvier - 28 février - Grand Palais) présente trois peintures et deux pièces d'art décoratif en bronze repoussé de González. Le Salon de la Société nationale des beaux-arts (13 avril - 30 juin - Grand Palais) présente deux Masques en bronze repoussé au marteau, remarqués par Vauxcelle dans L'Excelsior du 13 avril. En juin, la galerie Devambez présente deux groupes de peintres sur une idée de Loutreuil avec González, Epstein, Ortiz de Zarate, Soutine... Membre sociétaire dans la section Peinture et Arts décoratifs du Salon d’automne (1er novembre-20 décembre), González envoie quatre peintures, trois sculptures en bronze martelé, une Eve en plâtre, une pièce en argent martelé ainsi qu'un autre bronze martelé. Le 19 novembre, le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts acquiert pour la somme de 1 000 francs, son Masque de femme en bronze martelé. Vers la fin de l'année, Julio González et ses deux sœurs rencontrent par hasard Pablo Picasso boulevard Raspail. Selon le récit de Roberta Gonzâlez, Picasso se serait écrié : « Voyons, nous n'allons pas rester fâchés toute notre vie ! Embrassons-nous ! » Leur correspondance, interrompue depuis 1904, reprend en 1922.