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L’envol de l’artiste

Première exposition personnelle

1922 : Du 1er au 15 mars, Julio González réalise sa première exposition personnelle, « Julio González : peintures, aquarelles, dessins, sculptures, bijoux et objets d’art divers en argent, or, fer repoussé et martelé, faïence, bois, laque » à la galerie Povolozky, à Paris. La préface du catalogue est reprise dans Les Hommes du Jour, signée par Alexandre Mercereau : « Julio González est un homme ahurissant. Doué d’une imagination éblouissante, d’une multiplicité de moyens de traduction confondante, il est peintre, sculpteur, architecte, verrier, faïencier, meublier. Il forge, martèle, repousse le fer, le cuivre, l’or, le bronze, l’argent, travaille le bois, dessine des robes et des broderies et, de plus, il est d’une telle modestie que, depuis vingt ans qu’il est arrivé de Barcelone, sa ville natale, à Paris, il se cache… qu’on peut le fréquenter dix ans sans rien connaître de ses œuvres et qu’il ne se décide à exposer, depuis très peu d’années, que contraint par des amis obstinés. »

En avril, Albert Schneeberger, commente ainsi cette exposition dans La Revue de l’Époque (n° 26) : « Une unité supérieure préside encore à l’œuvre de Julio Gonzâlez. Le fer, le cuivre, le bronze, le marbre ou la couleur lui servent à exprimer son idéal vivant et parce qu’il sait dominer la matière rebelle, cette dernière vient se plier à son idéal d’art et de beauté. D’où l’unité d’une œuvre qui s’élève, comme sans effort, vers la décoration ordonnée, la décoration mentale… »

Parallèlement, González participe à la IVème Exposition organisée par le Comité de la compagnie ambulante des peintres et des sculpteurs (fondée par Serge Romoff et Auguste Clergé) au café Le Parnasse, 103 boulevard du Montparnasse.

Entre Paris et Barcelone

A Barcelone, l’Exposition municipale de printemps consacre une section aux artistes catalans résidents à Paris. Julio González est le mieux représenté avec quatre œuvres. Il s’agit de sa première exposition publique depuis son départ de Barcelone.

Au Salon de la Société nationale des beaux-arts, González expose une Tête de femme en bronze repoussé et le Portrait de M. Roger de Nereÿs (inachevé) en bronze repoussé (Fondation Maeght). Maurice Raynal, dans L’Intransigeant du 16 avril (n°15229,p. 4) en souligne « la fermeté très précise ».

Au Salon d’automne (1er novembre-17 décembre), Julio González envoie deux peintures et des pièces en argent repoussé.

1923 : L’exposition « Julio González », du 1er au 15 janvier à la galerie Le Caméléon, sous la houlette d’Alexandre Mercereau, présente plusieurs bijoux en métaux forgés, repoussés et gravés, des peintures, des sculptures, des dessins et pastels.

En mai, à Barcelone, González participe à l’exposition Artistas catalanes en Paris avec quatre sculptures.

Au Salon d’automne (1er novembre – 16 décembre), il expose deux peintures ainsi qu’un médaillon en fer repoussé destiné au Musée Pasteur et établi sur les indications de Léon Maillard, secrétaire des « Amis de Paris ».

Du 19 novembre au 15 décembre, il participe à la Ière exposition du salon du Montparnasse chez Madame Figuière, antiquaire, en compagnie de Gauguin, Cézanne, Dufy, Friesz

1924 : en octobre, González est l’invité de l’exposition des Amis de Montparnasse. Il participe également au Salon des Tuileries et au salon d’automne (1er-14 novembre).

Dans ces deux salons, l’artiste choisit d’apparaître uniquement comme peintre, ne présentant ni objets d’art décoratif ni sculptures.

1925 : Selon les peintres Alexandre Istrati et Natalia Dumitresco, Julio González travaille comme praticien pour Brancusi ou l’aide à préparer son exposition de 1926, à la Brummer Gallery de New York, en forgeant les armatures métalliques de ses plâtres et en polissant ses bronzes.

González se lie avec l’orfèvre Marie-Thérèse Roux qui réalise des modèles pour la mode et la couture. Il achète une propriété à Monthyon (Seine-et-Marne).

1926 : Six bagues de González sont présentées lors de la 1ère exposition d’œuvres d’art au foyer artistique Le Calen, à Bormes-les-Mimosas (du 28 mars au 11 avril). Lors d’une exposition patriotique pour le relèvement du franc, galerie Arnaud Drouant à Paris, l’artiste fait don d’un bronze remis à titre de contribution volontaire pour le remboursement du capital de la dette publique.

1927 : Merkert mentionne Petit profil de paysanne comme étant le premier fer forgé, découpé, courbé de González

Les retrouvailles avec Picasso

1928 : Pablo Picasso qui se lance dans de grands projets de sculpture en métal fait appel à Julio González Picasso pour la réalisation d’oeuvres de petit format avec la technique de la soudure oxyacétylénique.

Le 13 mai, Pilar Pellicer, la mère de Julio González meurt. L’artiste annonce la nouvelle par courrier à ses amis Brancusi et Picasso, en leur demandant de l’aide : « Ma chère mère est morte ce matin. Tu comprendras notre situation. Pour aider mes soeurs, je te prie, si comme je le crois tu as l’intention de me faire travailler, je te prie d’avoir la bonté de m’avancer quelque chose. Si tu le peux, nous t’en serions très reconnaissants. » Le lendemain Picasso lui envoie ses condoléances et un chèque.

En octobre, González exécute trois versions de Tête peintes par Picasso et commence un ensemble de quatre Figures, sculptures en fil de fer, linéaires et géométriques, achevées à l’automne. Deux d’entre elles seront proposées par Picasso comme projets pour un monument à Apollinaire.

González envoie au Salon d’automne (4 novembre-16 décembre) quatre bronzes repoussés présentés dans la rubrique « a.d ».

1929 : Picasso et González travaillent à une série de grandes constructions, dont la plus ambitieuse est le fer peint en blanc de la Femme au jardin. C’est l’un des projets conçus par Picasso pour répondre à la commande du Comité constitue en 1921 pour ériger sur la tombe d’Apollinaire, au cimetière de Père-Lachaise, un monument à la mémoire du poète disparu en 1918.

L’artiste participe à l’Exposition internationale de sculpture à la galerie Georges Bernheim.

Toujours membre sociétaire du Salon d’automne (3 novembre – 22 décembre) au titre de peintre et artiste décorateur, González expose pour la première fois un ensemble de « quelques sculptures exécutées en fer ». Leur présentation et l’absence d’oeuvres d’arts décoratifs reflètent son option définitive en faveur de la sculpture.

Le 1er décembre, l’artiste signe un contrat de trois ans avec la Galerie de France, à laquelle il doit adresser l’ensemble de sa production.

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peintre-sculpteur & bijoutier-orfèvre - 1914 - 1921

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Le plasticien du vide - 1930 - 1942

Première exposition personnelle

1922 : Du 1er au 15 mars, Julio González réalise sa première exposition personnelle, « Julio González : peintures, aquarelles, dessins, sculptures, bijoux et objets d'art divers en argent, or, fer repoussé et martelé, faïence, bois, laque » à la galerie Povolozky, à Paris. La préface du catalogue est reprise dans Les Hommes du Jour, signée par Alexandre Mercereau : « Julio González est un homme ahurissant. Doué d'une imagination éblouissante, d'une multiplicité de moyens de traduction confondante, il est peintre, sculpteur, architecte, verrier, faïencier, meublier. Il forge, martèle, repousse le fer, le cuivre, l’or, le bronze, l'argent, travaille le bois, dessine des robes et des broderies et, de plus, il est d'une telle modestie que, depuis vingt ans qu'il est arrivé de Barcelone, sa ville natale, à Paris, il se cache… qu'on peut le fréquenter dix ans sans rien connaître de ses œuvres et qu'il ne se décide à exposer, depuis très peu d'années, que contraint par des amis obstinés. » En avril, Albert Schneeberger, commente ainsi cette exposition dans La Revue de l'Époque (n° 26) : « Une unité supérieure préside encore à l'œuvre de Julio Gonzâlez. Le fer, le cuivre, le bronze, le marbre ou la couleur lui servent à exprimer son idéal vivant et parce qu'il sait dominer la matière rebelle, cette dernière vient se plier à son idéal d'art et de beauté. D'où l’unité d'une œuvre qui s'élève, comme sans effort, vers la décoration ordonnée, la décoration mentale… » Parallèlement, González participe à la IVème Exposition organisée par le Comité de la compagnie ambulante des peintres et des sculpteurs (fondée par Serge Romoff et Auguste Clergé) au café Le Parnasse, 103 boulevard du Montparnasse.

Entre Paris et Barcelone

A Barcelone, l'Exposition municipale de printemps consacre une section aux artistes catalans résidents à Paris. Julio González est le mieux représenté avec quatre œuvres. Il s'agit de sa première exposition publique depuis son départ de Barcelone. Au Salon de la Société nationale des beaux-arts, González expose une Tête de femme en bronze repoussé et le Portrait de M. Roger de Nereÿs (inachevé) en bronze repoussé (Fondation Maeght). Maurice Raynal, dans L'Intransigeant du 16 avril (n°15229,p. 4) en souligne « la fermeté très précise ». Au Salon d’automne (1er novembre-17 décembre), Julio González envoie deux peintures et des pièces en argent repoussé. 1923 : L’exposition « Julio González », du 1er au 15 janvier à la galerie Le Caméléon, sous la houlette d'Alexandre Mercereau, présente plusieurs bijoux en métaux forgés, repoussés et gravés, des peintures, des sculptures, des dessins et pastels. En mai, à Barcelone, González participe à l’exposition Artistas catalanes en Paris avec quatre sculptures. Au Salon d’automne (1er novembre – 16 décembre), il expose deux peintures ainsi qu’un médaillon en fer repoussé destiné au Musée Pasteur et établi sur les indications de Léon Maillard, secrétaire des « Amis de Paris ». Du 19 novembre au 15 décembre, il participe à la Ière exposition du salon du Montparnasse chez Madame Figuière, antiquaire, en compagnie de Gauguin, Cézanne, Dufy, Friesz... 1924 : en octobre, González est l’invité de l’exposition des Amis de Montparnasse. Il participe également au Salon des Tuileries et au salon d’automne (1er-14 novembre). Dans ces deux salons, l’artiste choisit d’apparaître uniquement comme peintre, ne présentant ni objets d’art décoratif ni sculptures. 1925 : Selon les peintres Alexandre Istrati et Natalia Dumitresco, Julio González travaille comme praticien pour Brancusi ou l’aide à préparer son exposition de 1926, à la Brummer Gallery de New York, en forgeant les armatures métalliques de ses plâtres et en polissant ses bronzes. González se lie avec l’orfèvre Marie-Thérèse Roux qui réalise des modèles pour la mode et la couture. Il achète une propriété à Monthyon (Seine-et-Marne). 1926 : Six bagues de González sont présentées lors de la 1ère exposition d’œuvres d’art au foyer artistique Le Calen, à Bormes-les-Mimosas (du 28 mars au 11 avril). Lors d’une exposition patriotique pour le relèvement du franc, galerie Arnaud Drouant à Paris, l’artiste fait don d’un bronze remis à titre de contribution volontaire pour le remboursement du capital de la dette publique. 1927 : Merkert mentionne Petit profil de paysanne comme étant le premier fer forgé, découpé, courbé de González

Les retrouvailles avec Picasso

1928 : Pablo Picasso qui se lance dans de grands projets de sculpture en métal fait appel à Julio González Picasso pour la réalisation d’oeuvres de petit format avec la technique de la soudure oxyacétylénique. Le 13 mai, Pilar Pellicer, la mère de Julio González meurt. L’artiste annonce la nouvelle par courrier à ses amis Brancusi et Picasso, en leur demandant de l’aide : « Ma chère mère est morte ce matin. Tu comprendras notre situation. Pour aider mes soeurs, je te prie, si comme je le crois tu as l’intention de me faire travailler, je te prie d’avoir la bonté de m’avancer quelque chose. Si tu le peux, nous t’en serions très reconnaissants. » Le lendemain Picasso lui envoie ses condoléances et un chèque. En octobre, González exécute trois versions de Tête peintes par Picasso et commence un ensemble de quatre Figures, sculptures en fil de fer, linéaires et géométriques, achevées à l’automne. Deux d’entre elles seront proposées par Picasso comme projets pour un monument à Apollinaire. González envoie au Salon d’automne (4 novembre-16 décembre) quatre bronzes repoussés présentés dans la rubrique « a.d ». 1929 : Picasso et González travaillent à une série de grandes constructions, dont la plus ambitieuse est le fer peint en blanc de la Femme au jardin. C’est l’un des projets conçus par Picasso pour répondre à la commande du Comité constitue en 1921 pour ériger sur la tombe d’Apollinaire, au cimetière de Père-Lachaise, un monument à la mémoire du poète disparu en 1918. L’artiste participe à l’Exposition internationale de sculpture à la galerie Georges Bernheim. Toujours membre sociétaire du Salon d’automne (3 novembre – 22 décembre) au titre de peintre et artiste décorateur, González expose pour la première fois un ensemble de « quelques sculptures exécutées en fer ». Leur présentation et l’absence d’oeuvres d’arts décoratifs reflètent son option définitive en faveur de la sculpture. Le 1er décembre, l’artiste signe un contrat de trois ans avec la Galerie de France, à laquelle il doit adresser l’ensemble de sa production.