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A la découverte du Paris artistique

Picasso, Max Jacob, Torres-Garcia, Paco Durrio… premières rencontres artistiques

Julio González, 21 ans, effectue son premier voyage à Paris, avec toute sa famille.

1898 : Lors de la IVe Exposition des Beaux-Arts et de l’Industrie de Barcelone, présentation d’un nouveau bijou des frères González, sous le titre « Ramo de Amapolas, hierro forjado » (Bouquet d’anémones, fer forgé). Une visite au Musée du Prado à Madrid le convainc de sa vocation de peintre.

1899 : Julio González effectue son premier séjour seul à Paris.

1900 : Après la vente des ateliers González à Barcelone, toute la famille s’installe à Paris dans le quartier de Montparnasse. Julio González occupe jusqu’en 1904 l’atelier de Pablo Gargallo, 3 rue de Vercingétorix. Il réalise ses premières œuvres en cuivre repoussé.

En septembre, Pablo Picasso, Carlos Casagemas et Manuel Pallarès s’installent à Montmartre. De nombreux artistes espagnols sont attirés par le bouillonnement artistique de Paris incarné par I’Exposition universelle et l’exposition Rodin au Pavillon de I’Alma, et de nombreuses manifestations dans les galeries et les musées. Ils découvrent ainsi Gauguin, Cézanne (expositions chez Vollard en 1899 et en 1901), les fresques de Puvis de Chavannes au Panthéon. González noue des amitiés au sein du groupe, fréquente Picasso, Manolo, Torres-Garcia et Paco Durrio.

1901 : Julio González rencontre Max Jacob après l’exposition de Picasso chez Vollard, le 24 juin, dans l’atelier de Picasso : « Ce premier jour de leur amitié [entre Picasso et Max Jacob], il vint une foule d’Espagnols qui s’asseyaient par terre […] Max Jacob habitait à ce moment Quai aux fleurs. Il rentra très tard, accompagné par le sculpteur ferronnier González, l’un des plus vieux amis de Picasso et qui l’est resté jusqu’à présent » (Christian Zervos, Préface, dans Pablo Picasso, vol. 1 • Œuvres de 1895 à 1906 •, Paris, Cahiers d’Art, 1932).

1902 : Julio retrouve Picasso à Barcelone. Picasso réalise un portrait de lui, assis sur le mont Tibidabo dominant la ville. La toile porte l’inscription : Un souvenir pour Julio González de la part de son ami Picasso. Retour à Paris en octobre.

1904 : 19 mars – De Paris, Julio González adresse une carte postale à son ami Pablo Picasso à Barcelone : « Ami Pablo. Il y a quelques jours j’ai vu Max Jacob qui m’a parlé de toi (le jour même où il apportait tes dessins chez l’éditeur). Crois ­moi, si tes projets s’accomplissent aussi vite qu’il me l’a dit, tu me feras une grande joie. Je suppose que tu me comprends » (Paris, archives du Musée Picasso).

Brouille avec Picasso : Certains dessins de Joan González confiés à la famille de Picasso à Barcelone disparaissent. Le 23 août, Julio écrit à Picasso : « Tu dis que tu ne veux pas rencontrer mon frère et qu’à cause de ça tu ne viens pas à l’atelier, maintenant c’est moi qui te le dis : tant que cette affaire ne sera pas réglée, pour l’honneur de mon frère et le mien, je t’interdis l’entrée de ma maison comme de mon atelier. » (Paris, archives du Musée Picasso). La brouille entre les deux hommes va durer jusqu’en 1921.

1905 : Julio González s’installe dans un atelier, 11 impasse Ronsin, Paris 15e, dans le petit ensemble de cabanes vitrées où Brancusi s’installera en juin 1927. Il y restera jusqu’en 1907.

Paris découvre les frères González

Les frères González deviennent des figures du milieu artistique parisien. Ils entretiennent des liens étroits avec les Espagnols de Paris.

Roberta González, la fille de Julio, évoque les réunions artistiques qui avaient lieu à Montmartre ou à Montparnasse au Café de Versailles, rue de Rennes. Ces artistes – Enric Casanova, Xavier Gosé, Josep Dunyac, Picasso, Manolo, Roig, Gargallo… -, se retrouvent souvent chez les González, avenue du Maine (Mon père, Julio González, de Roberta González).

Julio González rencontre le compositeur Edgar Varèse (1888-1965) avec qui il va rester très lié jusqu’au départ de ce dernier aux Etats-Unis. La musique joue un rôle très important dans la vie de González qui chante et joue en famille de différents instruments, notamment de la mandoline, et éprouve une véritable passion pour les symphonies de Beethoven et les œuvres de Wagner (Mon père, Julio González, de Roberta González).

Premières expositions parisiennes

1907 : Julio González effectue plusieurs séjours au Villars, petit village proche de Tournus, chez Monsieur Cortot, le grand­père d’Edgar Varèse. Selon les souvenirs de Roberta, lors de ces séjours en Bourgogne, González forge des bagues dans l’atelier de ferronnerie du village. Il réalise aussi une série de dessins bucoliques du paysage local.

Du 20 mars au 30 avril de la même année, il expose pour la première fois au Salon des indépendants (Serres du Cours·la-Reine) où il présente six peintures.

Joan retourne à Barcelone pour travailler au décor de l’église San Augustin. Il y sculpte quatre anges en bois tandis que Torres-Garcia est chargé des peintures murales.

1908 : du 20 mars au 2 mai, le Salon des indépendants (Serres du Cours-la-Reine) expose six peintures de Julio González et une peinture, un dessin et trois gouaches de Joan González.

31 mars : Joan González meurt à l’âge de 40 ans, il est enterré le 1er avril à Barcelone. La famille quitte Paris où Julio reviendra seul en septembre.

« Accablé par la mort de son frère » (Cassou 1952, p. 3), Julio González cesse de travailler pendant plusieurs mois, selon le témoignage de sa fille Roberta. Lorsqu’il se remet à peindre et à dessiner, González vit dans un profond isolement, ne voyant guère que son ami Brancusi de temps en temps. Il entame une collaboration avec le sculpteur et artisan basque Paco Durrio. Tous deux travaillent à l’exécution de commandes de sculptures et de travaux décoratifs.

1909 : Julio González se marie avec Louise (dite Jeanne) Berton, le modèle que l’on reconnaît sur de nombreux dessins. Leur fille, Roberta, naît le 9 septembre à Paris. Roberta enfant sera le sujet de nombreux dessins et peintures, seule et en compagnie de ses tantes Pilar et Lola.

Lors du Salon d’automne (1er octobre – 8 novembre), González expose cinq peintures.

La reconnaissance artistique

1911 : González assiste à Barcelone au mariage de sa sœur Pilar avec Josep Basso (1873-1918). Il rencontre l’écrivain, poète et critique influent Alexandre Mercereau qui devient son agent et va l’accompagner pendant de nombreuses années. Président de la section littéraire du Salon d’automne depuis 1909, Mercereau invite régulièrement González à y participer. L’artiste y fréquente les critiques Roger Allard, Jacques Nayral et Louis Vauxcelles, ainsi que l’éditeur Figuière.

1912 : Nouveau voyage à Barcelone. Julio González se sépare de Louise Berton. La petite Roberta reste avec son père.

L’artiste réalise ses premiers masques en métal repoussé, cuivre ou argent. Ils représentent ses proches ou des têtes d’enfants.

1913 : La mère de Julio et ses deux sœurs quittent Barcelone, où elles vivaient depuis la mort de Joan, et s’installent à Paris. González trouve un nouvel atelier, 45 rue Vandamme, Paris 14e. Il l’occupera jusqu’en 1919.

Lors du Salon d’automne (15 novembre 1913 – 5 janvier 1914) au Grand Palais, Julio González expose une peinture, deux masques en cuivre repoussé ; un masque en cuivre relief et des pièces de bijouterie.

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Une famille d'orfèvres et d'artistes - 1876 - 1901

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peintre-sculpteur & bijoutier-orfèvre - 1914 - 1921

Picasso, Max Jacob, Torres-Garcia, Paco Durrio… premières rencontres artistiques

Julio González, 21 ans, effectue son premier voyage à Paris, avec toute sa famille. 1898 : Lors de la IVe Exposition des Beaux-Arts et de l'Industrie de Barcelone, présentation d'un nouveau bijou des frères González, sous le titre « Ramo de Amapolas, hierro forjado » (Bouquet d'anémones, fer forgé). Une visite au Musée du Prado à Madrid le convainc de sa vocation de peintre. 1899 : Julio González effectue son premier séjour seul à Paris. 1900 : Après la vente des ateliers González à Barcelone, toute la famille s'installe à Paris dans le quartier de Montparnasse. Julio González occupe jusqu'en 1904 l'atelier de Pablo Gargallo, 3 rue de Vercingétorix. Il réalise ses premières œuvres en cuivre repoussé. En septembre, Pablo Picasso, Carlos Casagemas et Manuel Pallarès s'installent à Montmartre. De nombreux artistes espagnols sont attirés par le bouillonnement artistique de Paris incarné par I'Exposition universelle et l'exposition Rodin au Pavillon de I'Alma, et de nombreuses manifestations dans les galeries et les musées. Ils découvrent ainsi Gauguin, Cézanne (expositions chez Vollard en 1899 et en 1901), les fresques de Puvis de Chavannes au Panthéon. González noue des amitiés au sein du groupe, fréquente Picasso, Manolo, Torres-Garcia et Paco Durrio. 1901 : Julio González rencontre Max Jacob après l'exposition de Picasso chez Vollard, le 24 juin, dans l'atelier de Picasso : « Ce premier jour de leur amitié [entre Picasso et Max Jacob], il vint une foule d'Espagnols qui s'asseyaient par terre [...] Max Jacob habitait à ce moment Quai aux fleurs. Il rentra très tard, accompagné par le sculpteur ferronnier González, l'un des plus vieux amis de Picasso et qui l'est resté jusqu'à présent » (Christian Zervos, Préface, dans Pablo Picasso, vol. 1 • Œuvres de 1895 à 1906 •, Paris, Cahiers d'Art, 1932). 1902 : Julio retrouve Picasso à Barcelone. Picasso réalise un portrait de lui, assis sur le mont Tibidabo dominant la ville. La toile porte l'inscription : Un souvenir pour Julio González de la part de son ami Picasso. Retour à Paris en octobre. 1904 : 19 mars – De Paris, Julio González adresse une carte postale à son ami Pablo Picasso à Barcelone : « Ami Pablo. Il y a quelques jours j'ai vu Max Jacob qui m'a parlé de toi (le jour même où il apportait tes dessins chez l'éditeur). Crois ­moi, si tes projets s'accomplissent aussi vite qu'il me l'a dit, tu me feras une grande joie. Je suppose que tu me comprends » (Paris, archives du Musée Picasso). Brouille avec Picasso : Certains dessins de Joan González confiés à la famille de Picasso à Barcelone disparaissent. Le 23 août, Julio écrit à Picasso : « Tu dis que tu ne veux pas rencontrer mon frère et qu'à cause de ça tu ne viens pas à l'atelier, maintenant c'est moi qui te le dis : tant que cette affaire ne sera pas réglée, pour l'honneur de mon frère et le mien, je t'interdis l'entrée de ma maison comme de mon atelier. » (Paris, archives du Musée Picasso). La brouille entre les deux hommes va durer jusqu’en 1921. 1905 : Julio González s’installe dans un atelier, 11 impasse Ronsin, Paris 15e, dans le petit ensemble de cabanes vitrées où Brancusi s'installera en juin 1927. Il y restera jusqu'en 1907.

Paris découvre les frères González

Les frères González deviennent des figures du milieu artistique parisien. Ils entretiennent des liens étroits avec les Espagnols de Paris. Roberta González, la fille de Julio, évoque les réunions artistiques qui avaient lieu à Montmartre ou à Montparnasse au Café de Versailles, rue de Rennes. Ces artistes - Enric Casanova, Xavier Gosé, Josep Dunyac, Picasso, Manolo, Roig, Gargallo… -, se retrouvent souvent chez les González, avenue du Maine (Mon père, Julio González, de Roberta González). Julio González rencontre le compositeur Edgar Varèse (1888-1965) avec qui il va rester très lié jusqu'au départ de ce dernier aux Etats-Unis. La musique joue un rôle très important dans la vie de González qui chante et joue en famille de différents instruments, notamment de la mandoline, et éprouve une véritable passion pour les symphonies de Beethoven et les œuvres de Wagner (Mon père, Julio González, de Roberta González).

Premières expositions parisiennes

1907 : Julio González effectue plusieurs séjours au Villars, petit village proche de Tournus, chez Monsieur Cortot, le grand­père d'Edgar Varèse. Selon les souvenirs de Roberta, lors de ces séjours en Bourgogne, González forge des bagues dans l’atelier de ferronnerie du village. Il réalise aussi une série de dessins bucoliques du paysage local. Du 20 mars au 30 avril de la même année, il expose pour la première fois au Salon des indépendants (Serres du Cours·la-Reine) où il présente six peintures. Joan retourne à Barcelone pour travailler au décor de l'église San Augustin. Il y sculpte quatre anges en bois tandis que Torres-Garcia est chargé des peintures murales. 1908 : du 20 mars au 2 mai, le Salon des indépendants (Serres du Cours-la-Reine) expose six peintures de Julio González et une peinture, un dessin et trois gouaches de Joan González. 31 mars : Joan González meurt à l’âge de 40 ans, il est enterré le 1er avril à Barcelone. La famille quitte Paris où Julio reviendra seul en septembre. « Accablé par la mort de son frère » (Cassou 1952, p. 3), Julio González cesse de travailler pendant plusieurs mois, selon le témoignage de sa fille Roberta. Lorsqu'il se remet à peindre et à dessiner, González vit dans un profond isolement, ne voyant guère que son ami Brancusi de temps en temps. Il entame une collaboration avec le sculpteur et artisan basque Paco Durrio. Tous deux travaillent à l'exécution de commandes de sculptures et de travaux décoratifs. 1909 : Julio González se marie avec Louise (dite Jeanne) Berton, le modèle que l'on reconnaît sur de nombreux dessins. Leur fille, Roberta, naît le 9 septembre à Paris. Roberta enfant sera le sujet de nombreux dessins et peintures, seule et en compagnie de ses tantes Pilar et Lola. Lors du Salon d’automne (1er octobre – 8 novembre), González expose cinq peintures.

La reconnaissance artistique

1911 : González assiste à Barcelone au mariage de sa sœur Pilar avec Josep Basso (1873-1918). Il rencontre l'écrivain, poète et critique influent Alexandre Mercereau qui devient son agent et va l’accompagner pendant de nombreuses années. Président de la section littéraire du Salon d'automne depuis 1909, Mercereau invite régulièrement González à y participer. L’artiste y fréquente les critiques Roger Allard, Jacques Nayral et Louis Vauxcelles, ainsi que l'éditeur Figuière. 1912 : Nouveau voyage à Barcelone. Julio González se sépare de Louise Berton. La petite Roberta reste avec son père. L’artiste réalise ses premiers masques en métal repoussé, cuivre ou argent. Ils représentent ses proches ou des têtes d'enfants. 1913 : La mère de Julio et ses deux sœurs quittent Barcelone, où elles vivaient depuis la mort de Joan, et s’installent à Paris. González trouve un nouvel atelier, 45 rue Vandamme, Paris 14e. Il l’occupera jusqu'en 1919. Lors du Salon d’automne (15 novembre 1913 - 5 janvier 1914) au Grand Palais, Julio González expose une peinture, deux masques en cuivre repoussé ; un masque en cuivre relief et des pièces de bijouterie.