Roberta GONZALEZ (1909, Paris-1976, Monthyon)

Roberta Gonzalez est la seule fille de Julio Gonzalez, née à Paris en 1909.

Roberta poursuit la vocation familiale

Abandonnée par sa mère, Roberta grandit dans une enclave catalane à Paris. Selon la légende, ses dessins d’enfance sont remarqués par Picasso. Cet ami de longue date de son père était un visiteur fréquent à la maison. En effet, Roberta poursuit la vocation artistique familiale. Son père l’encourage dans ses entreprises créatrices. Il lui disait : « tu seras peintre et tu réaliseras en tant que peintre ce que ni ton oncle, ni moi-même, ne sommes parvenus à exprimer en peinture ».

Roberta débute sur la scène parisienne dans les années 1930. Ses œuvres étaient proches alors au niveau de la forme et du fond de celles de son père. Des dessins au trait classique représentant des paysans et des maternités, elle passe à un style avant-gardiste, influencé par le Cubisme et le Surréalisme. Sa première exposition particulière a lieu en 1939 à la galerie Henriette Gomez, à côté du peintre allemand Hans Hartung. Roberta et Hans se marient la même année.

Une carrière interrompue par la guerre

Ensuite, leurs carrières et leur bonheur sont interrompus par la guerre et l’Occupation. La famille s'enfuit dans le Lot. Roberta ne sera pas avec son père lorsqu'il décède subitement en 1942 à Paris. Par ailleurs, Hartung est obligé de partir du Lot en 1943 pour éviter l'invasion nazie. Ils ne se retrouvent qu'après la guerre.

De retour à Paris après la guerre, Roberta produit une galerie de femmes pensives et mélancoliques. Elles étaient à l’image de l’artiste elle-même. Roberta était éprouvée par les années noires de guerre et dévastée par la perte de son père. Néanmoins, elle poursuit sa carrière. Elle fait l'objet d'expositions particulières aux galeries prestigieuses comme Nina Dausset, ainsi que de nombreuses expositions collectives en France et à l'étranger.

Vers un style personnel entre la figuration et l'abstration

Au fil des années, ses œuvres montrent de plus en plus l’influence de Hartung, chef de fil de l’Abstraction lyrique. Elle arrive à faire la synthèse des influences autour d'elle, et élabore un langage plastique personnel, entre la figuration et l’abstraction. Elle atteint son style de maturité à partir des années 1950 et 1960.

En même temps, elle travaille de manière infatigable à la promotion de l’œuvre de son père et plus tard, son oncle. Elle organise des expositions et fait des dons importants de leurs oeuvres à des collections en France, Espagne et à l'international.

Aujourd’hui, ses œuvres sont conservées dans des musées et institutions importants comme le Centre Pompidou Paris, l'IVAM Centre Julio Gonzalez et la Fondation Maeght.

Roberta Gonzalez, Angoisse, 1936, huile sur toile, 81 x 57 cm, Fondation Hartung Bergman

Jeune fille pensive, 1949, huile sur toile, 61 x 38 cm, Fondation Hartung Bergman

Chant Sombre, 1960, huile sur toile, IVAM

Portrait de famille no. 2, 1969, huile sur toile, 114 x 145,5 cm, IVAM

Sens obligatoire no. 1, 1969, huile sur toile, 130 x 162 cm, IVAM