Roberta González dans l’exposition « Hans Hartung : les années de guerre », Musée Zervos, Vézelay, du 14 juillet au 28 octobre 2018

Des oeuvres de Roberta Gonzalez sont actuellement exposées à Vézelay dans le cadre de l’exposition « Hans Hartung: les années de guerre » au musée Zervos, en partenariat avec la Fondation Hartung-Bergman.

L’exposition revient sur la création du peintre allemand pendant la période autour de la Deuxième guerre mondiale, période pendant laquelle il était mariée à Roberta Gonzalez, fille unique de Julio Gonzalez et artiste elle aussi. A partir de 1937, lorsque Hartung se présente à Gonzalez en tant qu’admirateur de son oeuvre, il commence à fréquenter l’atelier du sculpteur. Ce rapprochement avec la famille Gonzalez aboutit au mariage entre Hans et Roberta en juillet 1939, quelques semaines seulement avant le déclenchement de la Deuxième guerre mondiale. Considéré comme un traitre par les Allemands, Hartung est contraint à s’enfuir dans le Lot avec la famille Gonzalez. Lorsque les Allemands envahissent le Zone Sud, Hartung se voit obliger de s’enfuir à nouveau, cette fois-ci en Espagne, où il est incarcéré pendant un temps. Il passe ensuite en Afrique du Nord où il rejoint la Légion étrangère et regagne la France. A la suite d’une blessure dans la bataille de Belfort, où il participe en tant que brancardier, Hartung perd sa jambe.

Cette exposition retrace sa création artistique au fil de ces « années noires » auprès de la famille Gonzalez, lors desquelles, malgré la précarité, la pénurie et la tragédie, Hartung, Roberta et Julio poursuivent leurs oeuvres artistiques. Alors que la production de guerre de Hartung montre une continuité avec ses toiles abstraites des années 1930, les têtes figurés ou motifs « gonzaloïdes » qui s’y infiltrent témoignent de l’influence du sculpteur catalan sur sa production.

Les oeuvres de Hartung auront un impact important sur le travail de sa femme. Selon Roberta, l’oeuvre de Hartung lui ouvre des nouveaux horizons artistiques. Pendant la guerre, elle réalisé des oeuvres tantôt réalistes, tantôt cubo-surréalistes, prenant pour sujet ses tantes, son père, ou des figures féminines manifestant un sentiment d’angoisse, souffrance ou deuil.  Dans l’après-guerre, elle intègre une touche gestuelle pour réaliser des plages de couleur pures dans ses oeuvres, sans éliminer des motifs figurés. Ainsi, elle développe un style personnel de plus en plus dynamique et coloré entre la figuration préconisée par son père et l’abstraction dont son mari était l’un des chefs de fil de la scène parisienne d’après-guerre.

La présence de cette exposition au Musée Zervos s’explique par le soutien apporté à l’artiste par le critique et galeriste Christian Zervos au fil de ces années difficiles, autant sur le plan artistique qu’administratif.

Les oeuvres de Roberta Gonzalez exposées à Vézelay proviennent d’une phase introspective de son oeuvre, dominée par des sujets féminins pensifs, principalement au début des années 1950. Elle cherche alors à intégrer la couleur progressivement dans ses oeuvres, jusqu’alors dominées par une palette sombre, à l’image des années de la guerre.